Formation & sensibilisation

Prévenir l'usure
professionnelle, comprendre
le FIPU
.

Un parcours court pour comprendre les troubles musculo-squelettiques (TMS), les facteurs de risque ergonomiques et les aides financières mobilisables — matériel, formation, sensibilisation.

Facteur de risque affiché : Charges lourdes
Fiche 01Comprendre les TMS

Trois familles de contraintes physiques épuisent le corps au travail.

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) touchent les articulations, muscles et tendons — dos, épaules, poignets, genoux. Ils apparaissent progressivement, sous l'effet répété de trois facteurs de risque dits « ergonomiques ».

Manutention manuelle

Port de charges lourdes, soulèvements répétés, absence d'aide mécanique. Sursollicite le bas du dos et les épaules.

Postures pénibles

Positions forcées ou maintenues : dos courbé, bras en l'air, torsion du tronc, station debout prolongée.

Vibrations mécaniques

Transmises aux mains et aux bras (outils portatifs) ou à tout le corps (véhicules, engins).

~87%
des maladies professionnelles reconnues en France sont des TMS.
42 300
nouveaux cas de TMS reconnus chaque année en France (+8% en 2024).
73 j
d'arrêt de travail en moyenne pour un cas de TMS reconnu.
10,4 M
de journées de travail perdues chaque année à cause des TMS.
21 300€
coût moyen direct d'un cas de TMS pour l'entreprise.
9/10
maladies professionnelles dans le secteur du BTP liées aux TMS.

Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport annuel sur les maladies professionnelles (chiffres 2024, publiés 2025).

Où le corps s'use-t-il le plus ?

Nuque & cervicales — tensions liées au travail sur écran mal positionné, tête penchée en avant.
Épaules — tendinite de la coiffe des rotateurs, liée aux bras levés ou en porte-à-faux prolongé.
Coudes & poignets — syndrome du canal carpien, épicondylite (« tennis elbow »), liés aux gestes répétitifs.
Bas du dos — lombalgie, la pathologie la plus fréquente, liée au port de charges et aux postures penchées.
Genoux — hygroma, liés à la station à genoux prolongée (pose de sol, carrelage).
🧠 Mini-QCM

Quelle est la pathologie de TMS la plus fréquemment reconnue en France ?

🧠 Mini-QCM

En moyenne, combien de jours d'arrêt de travail génère un cas de TMS reconnu ?

Fiche 02Autres risques du métier

Les TMS ne sont qu'une partie du tableau : sept familles de risques à connaître.

Quel que soit le métier — bureau, atelier, chantier, route, soin à la personne — chaque activité expose à une combinaison différente de risques professionnels. Voici les sept grandes familles au-delà des TMS, pour resituer le sujet dans son ensemble.

Chutes de hauteur & de plain-pied

1ʳᵉ cause d'accidents graves et mortels tous secteurs confondus : toitures, échafaudages, sols glissants ou encombrés, escaliers.

Risque chimique & CMR

Produits cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) : solvants, poussières de bois ou de silice, fumées de soudage, produits d'entretien.

Risques psychosociaux (RPS)

Stress chronique, charge mentale, épuisement professionnel, conflits, violence externe : un risque reconnu au même titre que les risques physiques, à intégrer au DUERP.

Risque routier

1ʳᵉ cause de mortalité au travail en France : trajets domicile-travail et déplacements professionnels (livraison, commercial, intervention à domicile).

Risque électrique & incendie

Contact direct ou indirect avec une installation électrique, court-circuit, départ de feu : concerne aussi bien l'atelier que le bureau (matériel vétuste, surcharge de prises).

Bruit & risque biologique

Exposition sonore prolongée (surdité professionnelle) et exposition à des agents biologiques (soin à la personne, déchets, agroalimentaire).

549 614
accidents du travail avec arrêt enregistrés en France en 2025
78 M
journées non travaillées en 2024, tous risques confondus — l'équivalent d'environ 334 000 emplois à temps plein
20%
des accidents du travail sont liés à une chute (hauteur ou plain-pied), la 2ᵉ cause d'accident au travail

Zoom chiffré sur 4 risques majeurs

🪜 Chutes de hauteur & de plain-pied

126 000 accidents/an 2ᵉ cause de décès au travail 70+ jours d'arrêt en moyenne

Près de 6 accidents du travail sur 10 liés aux chutes sont des chutes de plain-pied (sol glissant, encombré) — les chutes de hauteur, plus rares, sont bien plus graves : elles concentrent 54% des décès liés aux chutes et 28% des incapacités permanentes. Le coût moyen d'un arrêt lié à une chute (3 700€) dépasse d'un tiers la moyenne tous accidents confondus.

  • Garde-corps, lignes de vie et protections collectives avant tout équipement individuel
  • Sols dégagés, signalés et non glissants ; éclairage suffisant des zones de circulation
  • Formation au travail en hauteur et vérification des équipements (échafaudages, échelles, harnais)

⚠️ Risque chimique & CMR

+8,5% de maladies liées à l'amiante en 2024 Cancers professionnels en hausse

Les pathologies liées à l'amiante (asbestose, plaques pleurales, mésothéliome, cancer broncho-pulmonaire) continuent de progresser. Les poussières de bois exposent aussi à des rhinites et cancers ORL, en particulier dans la filière bois et l'ameublement.

  • Substitution du produit dangereux quand c'est possible, sinon captage à la source (aspiration)
  • Fiche de données de sécurité (FDS) consultée pour chaque produit utilisé
  • Équipements de protection respiratoire adaptés et suivi médical renforcé (SPST)

🧠 Risques psychosociaux (RPS)

~2,5 millions d'actifs à risque de burn-out Maladies psychiques reconnues x2 entre 2020 et 2024

Environ 10% des salariés se déclarent en situation d'épuisement professionnel ou à risque élevé. Les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles (burn-out, dépression, syndrome anxio-dépressif) ont doublé en quatre ans et progressent encore de 9% en 2024.

  • Charge de travail réaliste, droit à la déconnexion, reconnaissance du travail accompli
  • Formation des managers à repérer les signaux faibles d'épuisement
  • Espace de parole et procédure claire de signalement, sans crainte de représailles

🚗 Risque routier

1ʳᵉ cause de mortalité au travail

Trajets domicile-travail et déplacements professionnels (livraison, commercial, intervention à domicile) concentrent le plus grand nombre de décès liés au travail en France, devant les chutes de hauteur.

  • Plan de circulation et entretien des véhicules de service
  • Temps de trajet réalistes, sans pression d'horaires intenables
  • Interdiction d'usage du téléphone au volant, même en mains libres pour les échanges complexes

Un risque différent selon le métier

Métiers de bureau & sédentaires

  • TMS liés à l'écran (nuque, poignets, dos)
  • Risques psychosociaux (charge de travail, isolement en télétravail)
  • Sédentarité prolongée (risques cardio-vasculaires)

BTP & industrie

  • Chutes de hauteur, écrasement, risque électrique
  • Manutention, vibrations, bruit, poussières (silice, bois)
  • Produits chimiques et CMR

Transport & logistique

  • Risque routier, manutention répétée
  • Horaires décalés, travail de nuit
  • Vibrations corps entier (conduite prolongée)

Soin, aide à la personne & commerce

  • Manutention de personnes, postures pénibles
  • Risque biologique, agression physique ou verbale
  • Charge émotionnelle, RPS

Ces risques doivent tous figurer dans le DUERP de l'entreprise (fiche 03), quel que soit le métier concerné.

🧠 Mini-QCM

Quelle est la première cause de mortalité liée au travail en France ?

Fiche 03Obligations légales

Deux piliers que tout employeur doit tenir à jour : le DUERP et le SPST.

Avant même de parler de subvention, la prévention des TMS repose sur deux obligations de base — évaluer les risques (DUERP) et assurer le suivi médical (SPST, anciennement « médecine du travail »). Elles sont d'ailleurs des conditions d'accès au FIPU (fiche 07).

Obligatoire dès le 1ᵉʳ salarié Jusqu'à 4 000€/salarié d'amende (2026) Conservation 40 ans

Le DUERP

Document unique d'évaluation des risques professionnels

  • Obligatoire dès l'embauche du premier salarié, quel que soit le secteur
  • Recense les risques par « unité de travail » (atelier, service, poste type)
  • Mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins 11 salariés, et sans délai en cas de changement important ou de nouvelle information sur un risque
  • Conservé pendant 40 ans, pour assurer la traçabilité des expositions
  • Doit déboucher sur un plan d'action — le PAPRIPACT, obligatoire à partir de 50 salariés
  • Transmis au médecin du travail à chaque mise à jour

Le SPST

Service de prévention et de santé au travail (ex-médecine du travail)

  • Adhésion obligatoire dès le premier salarié, sous forme de SPST interentreprises (ou autonome au-delà de 500 salariés)
  • Organise le suivi médical : visite d'information et de prévention sous 3 mois, visites périodiques, visites de reprise après arrêt
  • L'employeur transmet chaque année l'effectif suivi et les risques professionnels identifiés
  • Coordonnées du service affichées obligatoirement dans les locaux
  • Le CSE est consulté sur le choix, le changement ou la cessation d'adhésion

Ce que risque l'employeur en cas de manquement

DUERP absent ou non conforme

Volet pénal — jusqu'à 1 500€ pour une personne physique (3 000€ en récidive) ou 7 500€ pour une personne morale (15 000€ en récidive), au titre d'une contravention de 5ᵉ classe.

Volet administratif (depuis le 27 juin 2026, loi du 25 juin 2026 contre les fraudes sociales et fiscales) — la DREETS peut désormais infliger directement, sans procédure judiciaire, une amende pouvant atteindre 4 000€ par salarié concerné (jusqu'à 8 000€ en cas de récidive). Les deux volets ne se cumulent pas pour un même fait.

Défaut d'adhésion au SPST

Amende de 1 500€ pour une première infraction ; en cas de récidive dans les 3 ans, jusqu'à 4 mois d'emprisonnement et 3 750€ d'amende. Le défaut d'organisation des visites médicales obligatoires est sanctionné séparément, et une amende administrative de la DREETS reste possible.

En cas d'accident du travail

Si un risque non identifié dans le DUERP est à l'origine d'un accident ou d'une maladie professionnelle, la faute inexcusable de l'employeur est presque systématiquement reconnue : indemnisation majorée du salarié, majoration des cotisations AT/MP, image de l'entreprise dégradée.

Cadre juridique très récent (loi n°2026-534 du 25 juin 2026) : les montants et modalités d'application peuvent encore évoluer par décret. Vérifiez la version en vigueur sur service-public.fr ou legifrance.gouv.fr avant toute décision.

Exercice — Vrai ou faux

Trois affirmations sur le DUERP et le SPST. Cliquez sur chacune pour vérifier votre réponse.

1. Le DUERP n'est obligatoire qu'à partir de 11 salariés.
FauxLe DUERP est obligatoire dès le premier salarié embauché. Le seuil de 11 salariés ne concerne que la fréquence de mise à jour : au moins une fois par an au-delà de ce seuil.
2. Depuis le 27 juin 2026, une entreprise peut être sanctionnée jusqu'à 4 000€ par salarié en l'absence de DUERP.
VraiLa DREETS peut désormais prononcer directement cette amende administrative, sans passer par un juge — en plus du volet pénal déjà existant (jusqu'à 7 500€ pour une personne morale).
3. L'adhésion à un service de prévention et de santé au travail (SPST) est facultative pour les petites entreprises.
FauxL'adhésion à un SPST est obligatoire dès l'embauche du premier salarié, quelle que soit la taille de l'entreprise. Le défaut d'adhésion peut être sanctionné par une amende, voire une peine d'emprisonnement en cas de récidive.

Cliquez sur une affirmation pour révéler la réponse.

🧠 Mini-QCM

Pendant combien de temps le DUERP doit-il être conservé par l'entreprise ?

🧠 Mini-QCM

À partir de quel effectif le PAPRIPACT (plan d'action annuel) est-il obligatoire ?

Fiche 04Le DUERP en pratique

Du principe légal à l'exemple concret : comment se construit un DUERP.

Le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) n'est pas un simple document administratif : c'est l'outil central de la prévention en entreprise. Il recense, unité de travail par unité de travail, les risques auxquels les salariés sont exposés, leur gravité estimée, et les mesures de prévention mises en place ou à mettre en place. Il est obligatoire dès l'embauche du premier salarié — à temps plein, partiel, en apprentissage ou en stage — quel que soit le secteur d'activité (décret n°2001-1016), et doit être mis à jour au moins une fois par an ou dès qu'un changement significatif intervient (nouvel équipement, nouvel aménagement, accident du travail).

Obligatoire dès le 1ᵉʳ salarié Mise à jour ≥ 1 fois/an Revu après chaque accident du travail

Dans la pratique, un DUERP se construit toujours de la même manière : on découpe l'entreprise en unités de travail (un poste, un service, une zone), on identifie pour chacune les risques réels observés sur le terrain, on évalue leur gravité, puis on note les mesures de prévention déjà en place ou à engager. Ci-dessous, quatre exemples concrets construits sur ce modèle, pour quatre métiers de l'hôtellerie-restauration — un secteur particulièrement exposé et donc pédagogique pour comprendre la méthode, transposable ensuite à n'importe quelle activité.

44‰
accidents du travail pour 1 000 salariés dans l'hôtellerie-restauration — 33% de plus que la moyenne nationale
25%
des accidents du secteur sont des coupures
3ᵉ
secteur le plus touché par les agressions, après les transports et la santé

Sources : analyses sectorielles à partir des données Assurance Maladie – Risques professionnels. Le bureau de tabac, spécifiquement, ferait l'objet d'un cambriolage toutes les 8 heures en moyenne en France selon plusieurs relais professionnels et médiatiques — un ordre de grandeur à traiter comme indicatif.

Quatre exemples de DUERP, métier par métier

Ces quatre métiers partagent un même profil physique : de longues heures debout, ponctuées de gestes répétés — se lever, se baisser, charger, ranger, vider, nettoyer — sans réelle position assise. C'est l'accumulation de ces micro-efforts sur toute une journée, bien plus qu'un geste isolé, qui use le corps. Un signe à ne pas négliger en fin de service : la sensation de jambes lourdes ou la tendance à traîner des pieds — souvent le premier signal d'une fatigue posturale qui s'installe.

🏨 Hôtel

Poste type : femme/valet de chambre — toute la journée debout, à se lever, se baisser pour faire les lits, charger et pousser le chariot, vider les poubelles, nettoyer les surfaces, d'une chambre à l'autre.

Unité de travailRisque identifiéGravitéMesures de prévention
Étages / ménageStation debout prolongée + piétinement (déplacements incessants entre chambres)MoyenChaussures amortissantes, pauses programmées, rotation des étages
Étages / ménageFlexion répétée du dos — faire les lits, ramasser, vider les poubelles, charger le chariotÉlevéFormation gestes et postures (plier les genoux, pas le dos), chariots à hauteur réglable
Étages / ménageTMS — literie, aspirateur, postures courbées répétéesMoyenChariots de ménage ergonomiques, alternance des tâches, formation gestes et postures
Étages / ménageChimique — produits d'entretien et désinfectantsMoyenFiches de données de sécurité consultées, gants adaptés, aération pendant le nettoyage
RéceptionAgression verbale ou physique, notamment de nuitÉlevéFormation gestion de conflit, procédure d'alerte, présence sécurisée la nuit
Réception de nuitTravail de nuit / horaires décalés (accueil 24h/24)MoyenSuivi SPST renforcé, amplitude horaire encadrée, temps de pause respectés
Technique / maintenanceBiologique — légionellose (réseaux d'eau chaude sanitaire)ÉlevéPurge et suivi régulier des réseaux, carnet sanitaire à jour, formation du personnel technique

☕ Café

Poste type : barista/serveur — debout toute la journée derrière le comptoir, à se pencher pour charger et vider le lave-vaisselle, ranger la réserve, nettoyer sols et tables entre deux services.

Unité de travailRisque identifiéGravitéMesures de prévention
Comptoir / plongeStation debout prolongée toute la journée, peu d'assise possibleMoyenTapis anti-fatigue, chaussures adaptées, rotation avec la salle
Réserve / plongeFlexion répétée — charger/vider le lave-vaisselle, ranger la réserve basseMoyenRangement des produits lourds à hauteur intermédiaire, port par petites quantités, formation gestes et postures
Comptoir / machine à caféBrûlures — vapeur, groupe café, lait chaudMoyenFormation à l'usage de la machine, protections thermiques, nettoyage à froid
TerrasseChute / circulation — trottoir, plateaux, intempériesMoyenSol antidérapant, câbles et tapis rangés, chaussures adaptées, vigilance météo
ServiceTMS — gestes répétitifs (machine à café, plateaux)MoyenRotation des tâches, formation gestes et postures, pauses régulières
ComptoirRPS — rush matinal, cadence, clientèle presséeMoyenPersonnel suffisant aux heures de pointe, organisation des pics d'affluence, pauses
CaisseAgression / vol — espèces en caisseMoyen-élevéCaisse limitée en liquide, dépôts bancaires réguliers, vidéosurveillance

🍽️ Restaurant

Poste type : cuisinier/commis/serveur — debout tout le service, à se baisser devant la chambre froide, charger les bacs, vider les poubelles, ranger la réserve, nettoyer le sol en fin de service (jambes lourdes, tendance à traîner des pieds en fin de journée).

Unité de travailRisque identifiéGravitéMesures de prévention
CuisineStation debout prolongée + piétinement sur toute la durée du serviceÉlevéSol anti-fatigue, chaussures de sécurité amorties, pauses fractionnées entre les coups de feu
Cuisine / réserveFlexion répétée — chambre froide basse, bacs gastro, poubelles à vider, cartons à rangerÉlevéRangement en hauteur intermédiaire, diable pour les charges lourdes, formation gestes et postures
Cuisine — cuissonBrûlures (plaques, friteuses, fours)Moyen-élevéGants et manchons anti-chaleur, circulation dégagée, formation premiers secours
Cuisine — préparationCoupures (couteaux, trancheurs)MoyenGants anti-coupure, rangement sécurisé des couteaux, formation à la découpe
Cuisine / plongeChute — sol gras ou mouilléMoyenSol antidérapant classé, tapis caoutchouc, nettoyage immédiat des projections
Salle / serviceTMS — port de plateaux, gestes répétitifs, station deboutMoyenFormation gestes et postures, chaussures adaptées, plateaux/chariots roulants
Service / salleRPS — rythme intense, coupures horaires, clientèle exigeanteMoyenPlannings anticipés, pauses respectées, management formé à la gestion du stress d'équipe

🚬 Bar-tabac

Poste type : gérant/employé de comptoir — debout toute la journée, à se baisser pour changer les fûts, charger et vider les cartons de cartouches, ranger la réserve, nettoyer le comptoir et le sol jusqu'à la fermeture.

Unité de travailRisque identifiéGravitéMesures de prévention
Comptoir / service barStation debout prolongée toute la journéeMoyenTapis anti-fatigue, chaussures adaptées, rotation vers des tâches assises (caisse/compta) si possible
Réserve / caveFlexion répétée — changer les fûts, charger/vider les cartons de cartouches, ranger en réserve basseÉlevéDiable pour les charges, rangement à hauteur intermédiaire, formation gestes et postures
Comptoir de venteVol à main armée / braquageÉlevéCoffre à temporisation, vidéosurveillance, formation aux gestes en cas de braquage, alerte silencieuse
Comptoir / service barChute — sol mouillé ou gras derrière le barMoyenTapis antidérapant, essuyage immédiat, chaussures adaptées
Salle / comptoirAgression physique ou verbale (clientèle alcoolisée)ÉlevéFormation gestion de conflit, refus de vente encadré (art. L3335-2 du Code du commerce), alerte silencieuse
Réserve / stock tabacManutention répétée de cartouches et cartonsMoyenDiable ou chariot, rangement en hauteur limité, formation gestes et postures
ServiceTMS — station debout prolongée, gestes répétitifsMoyenTapis anti-fatigue, chaussures ergonomiques, rotation des tâches

Ces exemples sont un point de départ — chaque établissement doit adapter son DUERP à sa configuration réelle (surface, effectif, horaires, présence d'une terrasse, livraisons...). Le secteur compte généralement une quinzaine d'« unités de travail » type (cuisine, plonge, bar, salle, cave, réserve, caisse, étages, réception, terrasse...) à passer en revue une à une.

Télécharger les 4 exemples en PDF

Hôtel, café, restaurant, bar-tabac — prêts à imprimer et adapter à votre établissement.

🧠 Mini-QCM

Un restaurant avec un seul salarié à temps partiel doit-il tout de même avoir un DUERP ?

🧠 Mini-QCM

Que doit faire un tenancier de bar face à un client en état d'ivresse manifeste qui veut être servi ?

Fiche 05Accident du travail & arrêt maladie

Que se passe-t-il concrètement en cas d'accident ou d'arrêt ?

Deux situations bien distinctes, avec chacune leurs délais et leurs règles d'indemnisation : l'accident du travail (ou de trajet) et l'arrêt maladie ordinaire.

48h pour déclarer un AT 0 jour de carence si AT 3 jours de carence si maladie

Accident du travail : la chronologie

01

Informer l'employeur sous 24h

Le salarié informe l'employeur dès que possible (sauf force majeure), en précisant circonstances, lieu, heure et témoins éventuels.

02

Certificat médical initial

Un médecin établit un certificat décrivant les lésions et leur lien avec le travail — pièce essentielle du dossier.

03

Déclaration employeur sous 48h

L'employeur déclare l'accident à la CPAM (formulaire S6200 ou en ligne), hors dimanches et jours fériés. Il peut émettre des réserves motivées sous 10 jours s'il doute du caractère professionnel.

04

Prise en charge à 100%

Soins médicaux liés à l'accident pris en charge à 100% sans avance de frais, sur présentation de la feuille d'accident.

05

Indemnités journalières dès le lendemain

60% du salaire journalier de base les 28 premiers jours, puis 80% ensuite — sans délai de carence, contrairement à la maladie ordinaire.

06

Visite de reprise si arrêt ≥30 jours

Le médecin du travail conclut à l'aptitude, l'aptitude avec aménagement, ou l'inaptitude — avec obligation de reclassement de l'employeur en cas d'inaptitude.

💡 Présomption d'imputabilité : tout accident survenu sur le lieu et pendant le temps de travail est présumé être un accident du travail — c'est à l'employeur ou à la CPAM de prouver le contraire, pas au salarié de prouver le lien.

Accident du travail vs arrêt maladie ordinaire

Accident du travail / trajet

  • Aucun délai de carence : indemnisation dès le lendemain
  • 60% du salaire journalier de base (28 premiers jours), puis 80%
  • Soins pris en charge à 100%, sans avance de frais
  • Protection renforcée contre le licenciement pendant l'arrêt

Arrêt maladie ordinaire

  • Délai de carence de 3 jours non indemnisés par la CPAM
  • Indemnité journalière = 50% du salaire journalier de base, plafonnée (~42€ brut/jour en 2026)
  • Complément employeur possible dès le 8ᵉ jour (1 an d'ancienneté), à 90% puis 66,66%
  • Versée pendant 360 jours maximum sur 3 ans (hors ALD)

Montants à titre indicatif (2026), plafonds réévalués régulièrement. Une convention collective peut prévoir des conditions plus favorables : vérifiez la vôtre.

À retenir

En cas d'accident lié à un risque non identifié dans le DUERP, la faute inexcusable de l'employeur est presque systématiquement reconnue (voir fiche 03) — encore une raison de tenir le document unique à jour.

🧠 Mini-QCM

Un salarié victime d'un accident du travail doit informer son employeur dans quel délai ?

🧠 Mini-QCM

Quelle part du salaire journalier de base la CPAM verse-t-elle en cas d'accident du travail (28 premiers jours) ?

Fiche 06Pénibilité & C2P

Le compte professionnel de prévention : des points pour compenser l'usure.

La pénibilité désigne une exposition à des facteurs de risque susceptibles de laisser des traces durables sur la santé. Le Compte professionnel de prévention (C2P) permet aux salariés exposés d'acquérir des points tout au long de leur carrière.

Les 6 facteurs pris en compte par le C2P

Travail de nuit

Au-delà de 100 nuits par an.

Équipes alternantes

Travail posté en 3x8 notamment, au-delà de 30 nuits par an.

Travail répétitif

Mouvements répétés à fréquence et cadence élevées.

Milieu hyperbare

Travaux en milieu à haute pression (plongée, tunnels).

Températures extrêmes

Exposition prolongée au froid ou à la chaleur intense.

Bruit

Exposition sonore au-delà des seuils réglementaires.

⚠️ Depuis 2017, la manutention manuelle, les postures pénibles, les vibrations et les agents chimiques dangereux ne donnent plus de points C2P — mais restent à évaluer dans le DUERP et à surveiller médicalement (ils peuvent ouvrir d'autres droits en cas de maladie professionnelle reconnue).

Comment ça marche

01

Ouverture automatique

Dès qu'un employeur déclare, via la DSN, l'exposition d'un salarié à un facteur au-delà du seuil réglementaire — aucune démarche du salarié n'est nécessaire.

02

1 point par facteur et par trimestre

Un salarié exposé à 3 facteurs sur l'année acquiert 4 points par facteur, soit un maximum non plafonné sur la carrière.

03

Utilisation des points

Formation (les 20 premiers points y sont réservés), passage à temps partiel sans perte de salaire, ou trimestres de retraite anticipée (jusqu'à 2 ans avant l'âge légal).

04

Consultation & recours

Chaque salarié consulte ses points sur compteprofessionnelprevention.fr. En cas de désaccord avec l'employeur sur l'exposition déclarée, un recours est possible dans les 2 ans.

1 pt
par facteur de risque et par trimestre d'exposition déclaré
20 pts
premiers points obligatoirement réservés à la formation professionnelle
2 ans
de retraite anticipée maximum grâce aux trimestres C2P
🧠 Mini-QCM

La manutention manuelle de charges donne-t-elle encore des points C2P aujourd'hui ?

🧠 Mini-QCM

Qui doit faire la démarche pour ouvrir un compte professionnel de prévention ?

Fiche 07Le dispositif FIPU

Le Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle.

Créé par la loi du 14 avril 2023 portant réforme des retraites, le FIPU est opérationnel depuis le 18 mars 2024. Géré par l'Assurance Maladie – Risques professionnels (Cnam), il est doté d'environ 1 milliard d'euros sur cinq ans, soit 200 millions d'euros par an — une enveloppe encore largement sous-utilisée (31% consommés en 2024).

70%

Le FIPU peut financer jusqu'à 70% des dépenses engagées dans le matériel, la formation ou la sensibilisation à la prévention des TMS, sur présentation de factures acquittées.

Conditions d'éligibilité

Être à jour de ses cotisations Urssaf.
Avoir un document unique d'évaluation des risques (DUERP) mis à jour depuis moins d'un an.
Être adhérent à un service de prévention en santé au travail (SPST).
Ne pas bénéficier — ni avoir bénéficié dans les deux années précédentes — d'un contrat de prévention.
Avoir perçu moins de 300 000€ d'aide publique sur les trois dernières années.
Relever du régime général (Sécurité sociale) ou de l'assurance volontaire AT/MP.

Plafonds par axe d'action

Matériel & équipement
25 000€
Formation
25 000€
Aménagement de poste
25 000€
Personnel dédié prévention
25 000€
Plafond global (4 axes)
75 000€

Montants indicatifs à vérifier sur ameli.fr, susceptibles d'évoluer chaque année selon le budget disponible.

🧠 Mini-QCM

Quelle part de l'enveloppe FIPU a réellement été utilisée en 2024 ?

🧠 Mini-QCM

Combien de temps une entreprise doit-elle attendre en moyenne pour obtenir une réponse à sa demande FIPU ?

Fiche 08Ce qui peut être financé

Du diagnostic à la formation, quatre types d'actions concrètes.

Le FIPU ne finance pas un projet flou : chaque demande doit s'appuyer sur des actions identifiées et justifiées par facture.

Jusqu'à 70% pris en charge 25 000€ max par axe 75 000€ plafond global Réponse sous ≈2 mois

Matériel & équipement

  • Transpalettes et tracteurs-pousseurs électriques
  • Diables monte-escalier motorisés
  • Tables et plans de travail réglables en hauteur
  • Potences aspirantes, rails et portiques de transfert
  • Préhenseurs et aides à la manutention

Formation

  • « Personne ressource » ou « chargé(e) de prévention TMS »
  • Formations PRAP (prévention des risques liés à l'activité physique)
  • Formations sectorielles (aide à domicile, transport, logistique)
  • Dispensées par un organisme habilité Assurance Maladie / INRS

Diagnostic & aménagement

  • Diagnostic ergonomique du poste par un IPRP ou ergonome référencé
  • Aménagement individuel de poste (prévention de la désinsertion)
  • Frais de personnel dédié à la prévention des TMS

Sensibilisation & communication

  • Affiches, infographies, modes opératoires
  • Documentation interne et site internet de prévention
  • Journées ou temps forts dédiés à la prévention des TMS

Le parcours de la demande

01

Diagnostic & DUERP à jour

Identifier les postes exposés et les actions envisagées, en cohérence avec le document unique.

02

Dépôt du dossier en ligne

Demande déposée via la plateforme net-entreprises.fr, traitée par ordre d'arrivée selon le budget disponible.

03

Instruction (≈ 2 mois)

Réponse sous deux mois maximum à compter de la date de recevabilité du dossier complet.

04

Réalisation & justificatifs

Achat du matériel ou réalisation de la formation, puis transmission des factures acquittées et attestations.

05

Versement de la subvention

Prise en charge jusqu'à 70% des dépenses justifiées, dans la limite des plafonds par axe.

🧠 Mini-QCM

Une formation financée par le FIPU peut-elle être dispensée par n'importe quel organisme ?

🧠 Mini-QCM

Qui peut réaliser le diagnostic ergonomique financé par le FIPU ?

Fiche 09Gestes & postures

Quatre séquences animées pour repérer le bon geste.

Ces mini-animations légères (SVG/CSS, sans vidéo à charger) illustrent en quelques secondes l'écart entre une posture à risque et une posture adaptée. Chaque séquence est accompagnée d'un script, réutilisable si vous souhaitez produire une vraie vidéo par la suite.

3 facteurs de risque à corriger 90 secondes de pause / heure 73 jours d'arrêt moyen si TMS (fiche 01)

1 · Soulever une charge

dos courbé → dos droit

Mauvaise posture : jambes tendues, dos qui se courbe pour atteindre la charge. Bonne posture : on fléchit les jambes, le dos reste droit, la charge est proche du corps.

Script pour vidéoPlan 1 : un salarié se penche, dos rond, pour soulever un carton au sol — voix off : « Le dos absorbe tout l'effort. » Plan 2 : le même salarié plie les genoux, dos droit, carton contre le buste — voix off : « Les jambes font le travail, le dos est protégé. »

2 · Poste de travail assis

écran trop bas → à hauteur des yeux

Mauvaise posture : tête penchée en avant, écran trop bas, avant-bras sans appui. Bonne posture : écran à hauteur des yeux, dos soutenu par le dossier, coudes à 90°.

Script pour vidéoPlan 1 : un salarié regarde vers le bas un écran posé trop bas, nuque penchée — voix off : « Une nuque penchée toute la journée fatigue les cervicales. » Plan 2 : l'écran est surélevé, le salarié se redresse, regard horizontal — voix off : « Quelques centimètres suffisent à soulager la nuque. »

3 · Geste répétitif

compteur de répétitions
tension cumulée

Sans pause, un geste répété des dizaines de fois par heure accumule une tension invisible sur le poignet ou l'épaule. Des micro-pauses régulières relâchent cette tension avant qu'elle ne s'installe.

Script pour vidéoPlan 1 : gros plan sur un poignet effectuant un geste répétitif, compteur qui défile — voix off : « Chaque répétition semble anodine. » Plan 2 : une jauge de tension monte à l'écran, puis retombe après une pause d'étirement — voix off : « C'est la répétition sans pause qui use l'articulation. »

4 · Micro-pause & étirement

respiration 4 secondes

Toutes les heures, une pause de 2 à 3 minutes — bras levés, épaules relâchées — suffit à réduire l'accumulation de fatigue musculaire.

Script pour vidéoPlan unique : un salarié se lève, lève lentement les deux bras au-dessus de la tête en inspirant, puis relâche en expirant — voix off : « 90 secondes, toutes les heures, ça change tout. »
🧠 Mini-QCM

Lors du port d'une charge lourde, quelle est la bonne technique ?

🧠 Mini-QCM

À quelle fréquence recommande-t-on une micro-pause pour un geste répétitif ?

Fiche 10Quiz de validation

Quinze questions pour vérifier ce qui a été retenu.

Répondez aux questions les unes après les autres. Chaque réponse est commentée immédiatement.

Question 1 / 15Score : 0
0 / 15

Fiche 11Ressources & documents

À télécharger, à garder sous la main.

Cinq documents imprimables pour prolonger le parcours, et une sélection de liens vérifiés vers les organismes officiels et des outils gratuits.

Glossaire — les sigles du parcours

TMS
Troubles musculo-squelettiques : atteintes des muscles, tendons et articulations liées au travail.
DUERP
Document unique d'évaluation des risques professionnels — obligatoire dès le 1ᵉʳ salarié.
SPST
Service de prévention et de santé au travail (ex-médecine du travail).
PAPRIPACT
Programme annuel de prévention des risques professionnels, obligatoire à partir de 50 salariés.
CPAM
Caisse primaire d'assurance maladie — gère les accidents du travail et arrêts maladie.
IJ / IJSS
Indemnités journalières (de Sécurité sociale) versées pendant un arrêt de travail.
ALD
Affection de longue durée — régime particulier d'indemnisation sans délai de carence.
C2P
Compte professionnel de prévention — points acquis en cas d'exposition à la pénibilité.
CMR
Cancérogène, Mutagène, toxique pour la Reproduction — catégorie de produits chimiques dangereux.
RPS
Risques psychosociaux : stress, charge mentale, épuisement professionnel, violence au travail.
IPRP
Intervenant en prévention des risques professionnels — expert habilité à réaliser des diagnostics.
DSN
Déclaration sociale nominative — flux mensuel employeur servant notamment à déclarer le C2P.
FIPU
Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle, géré par la Cnam.
AT / MP
Accident du travail / Maladie professionnelle — les deux grandes catégories de sinistres pris en charge par la branche risques professionnels.
Ce site est un support pédagogique interne réalisé à partir de sources publiques (Ameli, Cnam, INRS, OPPBTP) à la date de sa création. Le FIPU est un dispositif de la Sécurité sociale française : les montants, plafonds et conditions évoluent chaque année et doivent être vérifiés sur ameli.fr avant toute démarche. Ce contenu ne remplace pas les sources officielles.
Fiche 12Espace stagiaire

Connexion à l'espace personnel.

Cet espace permettra bientôt de suivre l'avancement du parcours, de retrouver son score de quiz et ses documents personnalisés. Il n'est pas encore activé.